Les cycadales, témoins vivants de la préhistoire

Saviez-vous que les cycadales sont parmi les plantes les plus anciennes du monde ? Ces espèces fascinantes sont apparues il y a plus de 300 millions d’années, bien avant les dinosaures, et on peut encore en trouver aujourd’hui dans certains jardins botaniques et milieux naturels spécifiques.

Pendant le Jurassique, les cycadales dominaient de vastes zones de végétation terrestre. Cette période est souvent appelée « l’Ère des cycadales » pour souligner leur importance écologique. Elles coexistaient avec les grands reptiles mésozoïques et faisaient partie intégrante du paysage préhistorique. Aujourd’hui, ce groupe est très menacé.

Adapté de la figure originale de Ray Troll – Représentation des différents étages géologiques de la Terre

 

Botaniquement, les cycadales sont des gymnospermes, comme les conifères et les ginkgos. Cela signifie que leurs ovules ne sont pas protégés par un ovaire au moment de la fécondation, d’où l’expression « graines nues », caractéristique essentielle du groupe.

Autre particularité : ce sont des plantes dioïques, chaque individu étant soit mâle, soit femelle — une rareté dans le règne végétal, mais intéressante d’un point de vue reproductif.

On recense environ 300 espèces de cycadales réparties en deux grandes familles :

Cycadaceae, représentée uniquement par le genre Cycas, que l’on trouve en Asie du Sud-Est, en Océanie et dans le sud-est de l’Afrique.

Zamiaceae, avec plusieurs genres :

  • Dioon – Mexique et Amérique centrale

  • Encephalartos – Afrique

  • Zamia – Amérique centrale, Amérique du Sud et Caraïbes

  • Ceratozamia – Mexique

  • Macrozamia et Lepidozamia – Australie

  • Bowenia – Australie

  • Stangeria – sud-est africain

  • Microcycas – Cuba

Genre Cycas (Cycadaceae)
Genre Dioon (Zamiaceae)

Nombre de ces espèces sont en danger d’extinction en raison de la destruction de leurs habitats. Leur croissance lente, leur faible taux de reproduction, leur dépendance à des habitats spécifiques souvent restreints, et une pollinisation spécialisée les rendent très vulnérables. Selon la Liste Rouge de l’UICN (2022), 69 % des espèces sont menacées (VU, EN, CR ou EW), et si l’on inclut les quasi-menacées (NT), cela atteint 80 %.

L’un des objectifs principaux de Marimurtra est la conservation, l’étude et le développement des collections de plantes vivantes. Le jardin possède l’une des collections de cycadales en plein air les plus importantes d’Europe, avec 127 espèces réparties entre les zones accessibles au public et les zones de culture, soit 41 % de toutes les espèces connues.

Parmi les plus remarquables :

  • Cycas : 30 des 160 espèces (18,75 %)

  • Dioon : 16 des 18 (88,8 %)

  • Encephalartos : 43 des 66 (65,2 %)

Pour en savoir plus, consultez le premier volume de la collection Col·leccions Marimurtra : 1. Cycadales, par Pere Fraga et Iván Soto. Le livre propose une introduction, un catalogue détaillé et une carte localisant environ 150 espèces visibles à Marimurtra. Plus d’informations sur marimurtra.cat.

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