Moustique-tigre

Le Jardin Botanique Marimurtra participe activement à la recherche et au contrôle du moustique tigre (Aedes albopictus), une espèce invasive reconnaissable à ses bandes blanches sur les pattes et le dos. Ce moustique peut se reproduire dans de petits points d’eau stagnante et peut transmettre des virus tels que la dengue, le chikungunya ou le Zika.

Pour en réduire l’abondance, à Marimurtra, les points d’eau potentiels sont éliminés ou gérés, des pièges de surveillance sont installés et des actions de vigilance régulières sont menées. En outre, nous collaborons avec le projet scientifique Mosquito Alert, un groupe de recherche qui étudie la distribution et le comportement du moustique tigre et sa réponse aux changements environnementaux et de gestion.

Par ces actions, nous contribuons à la santé publique et à la conservation du jardin en tant qu’espace sûr et durable, et nous avons réussi à réduire notablement l’abondance des moustiques, ainsi que les désagréments pour les visiteurs et le risque sanitaire associé.

1. Introduction

Le Jardin Botanique Marimurtra, conscient de la présence de cette espèce invasive dans son environnement, prend depuis quelque temps des mesures pour en diminuer l’abondance. C’est pour cette raison qu’il collabore activement avec des chercheurs experts dans ce domaine (CEAB-CSIC, UPF) afin de contribuer à la collecte de données scientifiques sur cette espèce à travers la participation à divers projets scientifiques (Mosquito Alert).

2. Le moustique tigre

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est une espèce invasive actuellement présente sur cinq continents et considérée comme l’une des 100 espèces les plus invasives du monde. Il se caractérise par ses pattes rayées de blanc et de noir et son petit corps, également blanc et noir.

Aujourd’hui, il est considéré comme un problème de santé publique, non seulement à cause des désagréments causés par ses piqûres, mais aussi par sa capacité à transmettre de nombreuses maladies.

Imatge: mosquitoalert.com

Comment l’identifier ?

C’est un petit moustique noir, de 6 à 9 mm de long. Il est reconnaissable à une seule ligne blanche sur la partie postérieure de la tête et du thorax (1). Ses pattes sont noires avec des taches blanches, lui donnant un aspect zébré (2).

Contrairement à d’autres moustiques, le moustique tigre est diurne, avec une grande activité tôt le matin et surtout l’après-midi jusqu’au coucher du soleil. C’est pendant ces périodes qu’il pique le plus souvent.

Bien qu’il entre aussi dans les maisons, il est très lié aux espaces extérieurs, où il trouve refuge parmi la végétation pour se cacher et se reposer. Son habitat idéal se compose de coins humides et ombragés.

D’où vient-il ?

Le moustique tigre est originaire du sud-est asiatique. Ces dernières décennies, il a envahi de nombreux pays, étant aujourd’hui présent en Asie, Afrique, Amérique, Australie et Europe.

La mondialisation a permis son expansion passive par voie maritime et terrestre, et le transport de pneus usagés et de plantes a contribué à son invasion.

Il est arrivé en Europe en 1979, en entrant par l’Albanie. En 2004, il a été détecté pour la première fois en Espagne, dans la province de Barcelone. Actuellement, il est présent sur toute la côte méditerranéenne et progresse vers l’intérieur.

Sa grande plasticité à s’adapter à de nouvelles conditions laisse penser que son aire de distribution s’élargira dans les années à venir.

Cycle de vie

Les moustiques ont un cycle de vie comprenant des phases aquatiques et terrestres :

  • Les adultes (1) sont terrestres et pondent les œufs (2) sur ou près de l’eau.
  • Les larves (3) sont aquatiques et se nourrissent de matière organique.
  • Les pupes (4) ne se nourrissent pas, mais se transforment en adultes.
Image: mosquitoalert.com

Pourquoi est-il ici et comment le combattre ?

Aujourd’hui, le moustique tigre s’est adapté à se reproduire dans des récipients artificiels tels que les soucoupes de pots de fleurs, seaux, fontaines hors d’usage ou tout objet contenant un peu d’eau.

Les œufs sont résistants à la sécheresse et éclosent lorsqu’ils sont recouverts d’eau.

La meilleure façon de le combattre est d’éliminer les points d’eau.

L’administration agit dans les espaces publics, mais la participation citoyenne est essentielle.

Ce sont des moustiques qui se déplacent dans un rayon de 200 à 500 mètres autour de leur lieu de ponte.

Problématique. Piqûres et maladies

Les mâles et les femelles se nourrissent de nectar, mais seules les femelles piquent pour obtenir les protéines nécessaires au développement des œufs.

Le moustique tigre peut piquer plusieurs fois au cours d’un seul repas.

Outre les désagréments, il peut transmettre la dengue, le Zika, le chikungunya et la fièvre jaune, et en laboratoire, il a été prouvé qu’il peut être infecté par jusqu’à 22 virus différents.

Bien qu’il puisse piquer plusieurs animaux, il transmet rarement des pathogènes entre animaux et humains, étant souvent utilisé comme exemple de transmission directe entre humains sans intervention d’autres espèces.

Image: mosquitoalert.com

3. Actions à Marimurtra

Cartographie et traitements

Que faisons-nous à Marimurtra pour lutter contre le moustique tigre ?

Le jardin dispose d’un plan actif de détection et d’action.

En collaboration avec l’Association Environnementale Xatrac, les actions suivantes ont été menées :

  • Cartographie des points de reproduction potentiels
  • Application de produits biologiques microbiens (Vectomax® FG)
  • Élimination mécanique de points de reproduction (grilles d’égout, broméliacées)

Ces actions permettent de :

  • Connaître l’état actuel du jardin
  • Évaluer l’efficacité des produits
  • Ajuster les doses et revoir les points critiques

Marimurtra collabore avec le CEAB-CSIC et l’UPF en participant à des projets de Mosquito Alert.

Actions périodiques :

  • Échantillonnage de moustiques à l’aide de pièges
  • Analyse de la survie pour évaluer le potentiel de transmission
  • Étude du réseau d’interaction humain-moustique via des échantillons d’ADN
  • Installation de pièges BG intelligents avec intelligence artificielle
  • Étude de l’impact du régime de précipitations sur l’efficacité des traitements

Nous encourageons également les visiteurs à utiliser l’application Mosquito Alert. Ces actions ont réduit l’abondance de moustiques, diminuant ainsi les nuisances et les risques sanitaires. Les études ont permis d’identifier un schéma bimodal d’abondance et d’adapter les traitements en fonction du climat.

Les traitements sont plus efficaces aux stades précoces et en période de faibles pluies, atteignant des réductions de 70 à 90 % de la population adulte. Ces connaissances ont permis d’adopter un modèle de gestion climatique adaptée, intégrée et durable.

Articles publiés

Blanco-Sierra, L., Mariani, S., Escartín, S., Eritja, R., Palmer, J. R. B., & Bartumeus, F. (2023).

Drivers of longevity of wild-caught Aedes albopictus populations. Parasites & Vectors, 16(1), 328.

https://doi.org/10.1186/s13071-023-05961-4

Blanco-Sierra, L., Bellver-Arnau, J., Escartín, S., Mariani, S., & Bartumeus, F. (2024).

Human–Environment Interactions Shape Mosquito Seasonal Population Dynamics. Insects, 15(7), 527.

https://doi.org/10.3390/insects15070527

Bellver-Arnau, J., Blanco-Sierra, L., Escartín, S., Mariani, S., & Bartumeus, F. (2025).

Climate-responsive vector control strategies for Aedes albopictus. Parasites & Vectors, 18, 168.

https://doi.org/10.1186/s13071-025-06791-2

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