Le Jardin botanique Marimurtra n’est pas seulement un espace consacré à la conservation et à l’étude de la biodiversité végétale ; il joue également le rôle de sentinelle de son environnement. Cette année, le Jardin collabore étroitement avec les services de Santé des végétaux de la Generalitat de Catalunya dans le cadre d’une importante campagne de prévention. Marimurtra a été sélectionné comme l’un des rares sites de Catalogne où des pièges expérimentaux ont été installés afin de détecter la présence d’un insecte potentiellement envahissant : le scarabée japonais (Popillia japonica).
À ce jour, rien n’indique que ce ravageur soit présent sur notre territoire. Toutefois, la détection précoce constitue l’outil le plus efficace pour protéger nos écosystèmes et nos cultures.
Qu’est-ce que Popillia japonica ?
Le scarabée japonais est un coléoptère qui se distingue par son caractère hautement polyphage ; autrement dit, il se nourrit d’un très grand nombre d’espèces végétales.

L’adulte mesure environ 15 mm de long et 10 mm de large, et présente une coloration métallique caractéristique. Les larves, qui vivent dans le sol, peuvent mesurer de 1,5 à 32 mm de long, avec un diamètre maximal compris entre 5 et 7 mm.
Pourquoi sommes-nous en état d’alerte ?
Bien qu’il soit originaire d’Asie, cet insecte s’est révélé être un véritable « passager clandestin ». Il se déplace facilement et colonise de nouveaux territoires en voyageant discrètement dans les marchandises comme dans les bagages des voyageurs. En Europe, les premiers individus ont été détectés en Italie en 2014 et, depuis lors, sa surveillance est devenue une priorité.
Pour illustrer sa capacité de dispersion, un adulte a été intercepté le 20 juin 2025 à l’aéroport de La Corogne, où il voyageait dissimulé dans la valise d’un passager en provenance de Milan.
Quels dégâts peut-il causer à notre flore ?
Dans nos conditions climatiques, les adultes peuvent être observés sur les plantes hôtes de mai à octobre. Ce ravageur est particulièrement préoccupant, car les larves comme les adultes causent des dommages aux végétaux, chacun à leur manière :
- Les dégâts causés par les larves : les femelles privilégient la ponte (oviposition) dans les pelouses, les pâturages ou les prairies humides, où les conditions sont optimales. Les larves y éclosent et se nourrissent des racines des plantes. Cela réduit fortement la capacité des pelouses ou des prairies à absorber l’eau et les éléments nutritifs du sol, entraînant leur dépérissement et leur dessèchement.
- Les dégâts causés par les adultes : les adultes s’attaquent de préférence à la vigne, aux cultures fruitières et à diverses rosacées. Leur comportement est très grégaire, ce qui signifie qu’ils se rassemblent en grand nombre sur une même plante. En consommant les feuilles, ils n’en mangent que les tissus tendres, en laissant les nervures intactes. Ce type de dommage caractéristique est appelé squelettisation des feuilles. Ils peuvent également provoquer des dégâts directs sur les fruits.

Comment fonctionnent les pièges de Marimurtra ?
Dans le cadre de ce suivi préventif, la Generalitat a fourni au Jardin des pièges de type Ellisco. Ces dispositifs sont spécialement conçus pour capturer les mâles et les femelles adultes. Ils fonctionnent grâce à une combinaison très spécifique d’attractifs : une phéromone sexuelle et plusieurs attractifs floraux. Si un individu est présent dans la zone, il sera attiré vers le piège avant de pouvoir s’y établir, ce qui permettra d’alerter immédiatement les autorités.
Rester vigilant et participer à ces essais pilotes réaffirme l’engagement de la Fondation Carl Faust en faveur de la protection et de la préservation de la biodiversité.
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