Pollinisation artificielle de Dioon merolae à Marimurtra

En octobre, un processus très spécial a été réalisé au Jardin Botanique Marimurtra sur un exemplaire de la collection de cycadales : la pollinisation artificielle d’un individu de Dioon merolae. Cette espèce est originaire du sud-est du Mexique, dans les États d’Oaxaca et de Chiapas, où elle vit dans des forêts de pins et de chênes. Comme beaucoup d’espèces de ce genre, elle est menacée (catégorie Vulnérable, selon la Liste Rouge de l’UICN) et son commerce est restreint en vertu de la convention internationale CITES. Le Dioon appartient à l’un des groupes de plantes à graines les plus anciens encore existants sur la planète, qui vivaient déjà il y a plus de 250 millions d’années, avant l’époque des dinosaures.

Jusqu’à présent, il n’avait pas été possible de confirmer si cet exemplaire était mâle ou femelle, puisqu’il n’avait produit aucun cône. Cette année, cependant, l’apparition du cône femelle a permis de vérifier qu’il s’agit d’une plante femelle et, par conséquent, a rendu possible la tentative de pollinisation artificielle pour produire des graines.

Pour le rendre possible, Iván Soto, responsable de la collection de cycadales de Marimurtra, a utilisé le pollen d’un exemplaire mâle présent à Marimurtra. Après avoir récolté le cône mâle et l’avoir frappé doucement sur un plateau, une quantité suffisante de pollen a été obtenue. Celui-ci a été mélangé avec de l’eau pour en faciliter l’application et introduit à l’intérieur du cône femelle, où se trouvent les ovules.
Contrairement à ce qui se passe dans son habitat naturel, où certains insectes se chargent de la pollinisation, au Jardin ce processus a été réalisé manuellement afin d’augmenter les probabilités de fécondation.

Il faut maintenant attendre. Le processus de maturation des graines est très lent : il peut s’écouler environ six mois ou plus avant que le cône femelle ne s’ouvre et permette la récolte des graines mûres. Une fois récoltées, il faudra les nettoyer et les conserver pendant quelques mois supplémentaires pour que l’embryon termine sa maturation. Si tout se passe bien, dans un an nous saurons si la fécondation a réussi. Sa reproduction artificielle est un processus délicat qui demande patience et soin.

Les cycadales, comme le Dioon merolae, sont des plantes extraordinairement longévives, âgées de plusieurs centaines d’années, et il a été estimé qu’exceptionnellement certaines pourraient vivre plus de mille ans. Avec cette action, Marimurtra fait un pas de plus dans la conservation et la connaissance de ce groupe de plantes fascinant, témoin vivant de l’histoire évolutive de la Terre.

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